Des vélos pour le CAO !

Des vélos pour le CAO !

Retour sur le projet vélo de NDLR pour faciliter les déplacements des réfugiés tourangeaux.

Le 7 octobre 2017, Robin Durieux, assistant de direction en charge des projets humanitaires au sein du lycée Notre-Dame-La-Riche (NDLR) de Tours, est venu nous rencontrer sur notre stand au Festival Quartier Libre. Il sollicite Roulement à Bill dans l’idée d’organiser un partenariat entre ses élèves, Roulement à Bill, et les réfugiés du Centre d’Accueil et d’Orientation (CAO) de Saint-Pierre-Des-Corps (SPDC). Au fil des mois, l’idée se précise sous la forme d’un projet qui vise à permettre l’usage autonome du vélo par les réfugiés pour résoudre un problème récurrent de besoin de déplacement/transport dans l’agglo (complètement ignoré par la collectivité). Un appel aux dons de vélos d’occasion au sein du lycée et au profit des réfugiés est lancé. Le temps fort du projet sera ensuite deux journées de remise en état des vélos par des binômes lycéen.ne.s/réfugiés au sein de Roulement à Bill ainsi qu’une sensibilisation à la sécurité routière sous la houlette du CC37.

Le 8 février 2018, c’est 28 vélos, allants d’états corrects à épaves, que NDLR livre à l’atelier. Après quelques journées d’identification et de diagnostic de chaque vélo récupéré, et d’achat de matériel consommable indispensable, les bénévoles de Roulement à Bill sont fin prêts pour accueillir lycéen.ne.s et réfugiés les jeudi 22 et vendredi 23 févriers 2018.

Trois activités parallèles se déroulent dans la matinée du jeudi : un groupe de participant.e.s au local du CC37 pour la formation au code de la route, un groupe au CAO à SPDC pour préparer le déjeuner commun et un groupe d’une quinzaine de personnes avec nous, dans le froid de l’atelier, chaque groupe étant mixte réfugiés/lycéen.ne.s. Passé les dix premières minutes de thé/café, appréhension, timidité, des binômes/trinômes se forment pour s’affairer sur chacun des vélos à réparer. L’atelier se met dès lors en effervescence et six vélos sont prêts à être remis en circulation en fin de matinée avant de converger vers SPDC pour déjeuner.

Au CAO, les lycéen.ne.s et réfugiés nous avaient concocté riz, poulet, patates, aubergines et salades autour d’une tablée d’une trentaine de personnes et dans un accueil des plus chaleureux. Un beau moment convivial. Le retour à l’atelier est plus laborieux : remobiliser les troupes, reformer les groupes à destination qui du CC37 qui de Roulement à Bill et organiser les transports. Résultat, un groupe de quatre lycéen.ne.s se retrouve à l’atelier sans aucun résident du CAO. Bref, petit loupé dans l’organisation mais qui n’entame en rien la motivation générale et en fin de journée, une dizaine de biclous ont fier allure !

Le lendemain matin, tou.te.s se retrouvent à l’atelier à 9h00, tou.te.s connaissent maintenant l’atelier, tou.te.s sont prêt.e.s à mettre les mains dedans et on peut donc s’attaquer sans tarder à des montures qui nécessitent des réparations plus conséquentes. L’atelier est plein, il y en a partout, mais quatre Billous sont au taquet toute la journée pour filer des coups de main à gauche et à droite gauche ! Et puis, même s’il y a du monde, la vélonomie fait son œuvre : quel plaisir d’entendre par exemple une lycéenne qui doit changer câble et gaine : « ça je l’ai déjà fait hier ! Je gère ! »

Le midi, direction la cantine du lycée NDLR, sur nos belles bicyclettes réparées pour une douzaine d’entre nous, en minibus pour le reste. De retour à l’atelier, un groupe continue les réparations (entre deux essais de tall bike dans l’impasse) et d’autres font des aller (à vélo) – retours (en minibus) entre Bill et le CAO pour livrer les biclous. Au total, 21 vélos ont été retapés ensemble et ramenés au CAO. Qu’on se le dise, c’est pas parfait, certains ont encore une roue un peu voilée, un chouïa de jeu dans le pédalier… mais ça roule ! et tout ce petit monde connaît maintenant notre adresse et nos horaires de permanences pour venir bricoler.

Au-delà de la réussite de ce projet en terme de nombre de vélos réparés et mis à disposition du CAO, nous, bénévoles de Roulement à Bill, sommes fier de nous être impliqués dans ce projet parce qu’il s’intègre dans un certain nombre de valeurs chères à notre association. La solidarité et le réemploi évidemment. L’aspect participatif qui n’était pas gagné d’avance : lorsque des lycéen.ne.s passent les portes de l’atelier en freinant des quatre patins à l’idée de prendre une clé en main et en redemande en fin de journée, c’est un pas vers plus d’autonomie. La mixité sociale, culturelle, de couleur de peau, de langue, d’âge et de sexe (même si les réfugiés étaient exclusivement des hommes, la grosse majorité des élèves étaient des lycéennes). Le partage de connaissances et l’ouverture, l’accueil et la convivialité.

Merci à l’ensemble des participant.e.s, élèves et encadrants de NDLR, résidents et encadrant.e.s du CAO, ami.e.s du CC37 !

 

P.-S.

Dans la presse :